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Maroc: Préhistoire et Protohistoire du Rif Oriental

<strong>Depuis 1995, la "Commission d'Archéologie des Civilisations extra européennes" (Kommission für Archäologie Außereuropäischer Kulturen des Deutschen Archäologischen Instituts - KAAK) entreprend des prospections et des fouilles archéologiques dans le nord-est du Maroc (Province d'Al Hoçeima, de Taza et de Nador). Le projet "Préhistoire et Protohistoire du Rif Oriental Marocain" se déroule en coopération avec l'"Institut National des Sciences de l'Archéologie et du Patrimoine". Les travaux de terrain sont pour ainsi dire achevés. Les récents développements dans la région nous incitent à entamer un nouveau projet sur la côte méditerranéenne: <a href="23763">"Le Néolithique de la côte méditerranéenne du Maroc".</a></strong>

Location

Objectives

Le concept du projet découle de la réflexion de mener une recherche fondamentale concernant la zone du Maghreb méditerranéenne afin d'acquérir une connaissance in extenso des différentes cultures qui se sont succédées jusqu'à l'époque islamique. L'objectif est d'étudier et de comprendre les interactions et les influences culturelles à la frontière entre les continents africain et européen. En outre, nos partenaires marocains souhaitaient particulièrement promouvoir la recherche archéologique dans cette région du royaume qui jusqu'à aujourd'hui demeure plus ou moins inexplorée. Ce vu est étroitement lié avec le développement économique intensif du Nord du Maroc durant cette dernière décennie. Grâce à des visites guidées, des expositions et autres manifestations, le programme contribue à la promotion de l'identité culturelle de cette région longtemps marginalisée.

History of Research

La recherche archéologique dans le Maghreb est étroitement liée au processus du développement politique durant le 20ème siècle. La grande partie de notre région de recherche était sous l'autorité espagnole (Marruecos Español). Le sud, par contre, était sous le contrôle français. Faute de grandes villes et d'infrastructures, particulièrement dans la partie espagnole, il n'y a pas eu de recherche archéologique digne de ce nom. Seule, à l'est, dans la région limitrophe montagneuse de Zegzel, la grotte de Taforalt a été étudiée. À l'écart des grandes voies de communication, dans les territoires d'origines des Berbères du Rif, les grottes sont considérées comme les gardiens de grands trésors cachés. Cela a restreint longtemps leur accès pour les étrangers. Seul quelques collectes d'outils paléolithiques ont été effectuées dans l'enclave de Mellilia et dans la région de l'embouchure de la Moulouya et ont été publiées. Récemment, de nouveaux projets concernant le peuplement phénicien et protoislamique de la région côtière sont venus enrichir nos travaux de recherche archéologique.

Results

Toutes les périodes de l'histoire humaine ont été constatées. Les sites les plus importants sont ici exposés. Le Paléolithique inférieur est représenté par d'importantes concentrations d'outils acheuléens dans la région de l'embouchure de l'oued Kert, près de la côte méditerranéenne. Nombres d'artefacts ont été récoltés dans un vaste site, situé dans une région très érodée. La plupart d'entre eux semblent appartenir à un faciès ancien de l'Acheuléen.

Un autre site, I'Ammorene I, au sud du site précédent, se trouvant près d'une source, remonterait plutôt de la fin de l'Acheuléen. On y trouve des bifaces très finement uvrés avec une coupe transversale mince. Tous les artefacts ont été fabriqués à partir de la roche volcanique locale. Seul un hachereau - probablement allogène au site - est en silex. Les sites acheuléens de I'Ammorene sont l'objet d'une thèse de doctorat à l'université de Tübingen.
Le Paléolithique moyen a été mis en évidence lors de la fouille de l'abri d'Ifri n'Ammar. Cet abri qui se trouve aux contreforts du Rif, à la jonction vers la Moulouya, a été étudié durant six campagnes de fouilles depuis 1997. Les travaux de fouilles sont provisoirement terminés. En tout et pour tout, une stratigraphie de près de 7 m a été mise à jour. La partie inférieure date du Paléolithique moyen. Sa partie supérieure est constituée d'une couche atérienne riche en trouvaille dont de nombreuses pièces pédonculées. Il s'ensuit une couche d'un caractère moustérien. Celle-ci se situe sur plusieurs couches caliches, croûte calcaire qui scellait intégralement la surface de l'abri. En dessous se trouvait de nouveau un Atérien caractéristique. Finalement, le Moustérien a été constaté jusqu'à la roche mère. La couche atérienne supérieure a été datée entre 40 000 et 50 000 (datation AMS). La partie inférieure a été entre temps datée selon la méthode de thermoluminescence (sur des silex brûlé, Daniel Richter, MPA-EVA Leipzig). Une petite série de dates provisoires date dans un ordre stratigraphique de 60 000 jusqu'à 130 000/140 000 (Atérien inférieur). Soulignons ici que les 50 cm inférieurs n'ont pas encore datés. Ainsi Ifri n'Ammar est de loin le plus ancien site Atérien de l'Afrique du Nord.
En outre, le Moustérien n'a pas été jusqu'ici daté aussi anciennement, d'autant qu'un Moustérien de tradition acheuléenne n'a pas été constaté. Grâce aux 40 échantillons en cours d'analyse, nous sommes en mesure de croire à une toute nouvelle interprétation du Paléolithique moyen en Afrique du Nord.

A Ifri n'Ammar quelques mètres de couches ibéromaurusiennes se trouvent au dessus de celles du Paléolithique moyen. Il s'agit en partie d'une escargotière, un sédiment composé par des coquilles de mollusque terrestre, qui est très riche en trouvailles. L'Ibéromaurusien à Ifri n'Ammar et dans deux autres sites de pleins air, Ifri el-Baroud et Hassi Ouenzga datent entre 18 000 et 7 500 av. J.C.. Une stratigraphie récemment établie dans la zone côtière (cf. Projet "Le Néolithique de la côte méditerranéenne marocaine") semble dorénavant combler la lacune entre l'Ibéromaurusien tardif et le Néolithique ancien (milieu 7ème respectivement début 6ème millénaire av. J.C.).

Durant l'Ibéromaurusien, la région d'étude était apparemment densément peuplée. Presque toutes les grottes et tous les abris y présentent des couches de cette époque et de petits campements de chasseurs sont présents jusqu'à la zone montagneuse du Rif. Dans des sites importants comme Ifri n'Ammar, il semble qu'une certaine pré-sédentarisation ait fait son apparition. En effet, l'agencement de l'abri en zone d'atelier, de vie et funéraire subsiste durant une longue période. Au niveau de l'Ibéromaurusien d'Ifri n'Ammar, les plus anciennes traces de peinture de l'Afrique du Nord ont été mise à jours. Elles étaient scellées dès le 13ème et le 10ème millénaires av. J.C. par des sédiments. Près des traces de peintures, cinq sépultures ont été découvertes. A l'exception d'un adulte masculin, il s'agissait d'enfants. Les squelettes humains sont actuellement en cours d'analyse ADN. L'industrie lithique de l'Ibéromaurusien est constituée de lamelles, souvent de pointes à dos qui ont été travaillées en outils composites. En outre, une riche industrie osseuse est présente. Nombre d'ornements de coquilles marines et autres fossiles ainsi qu'une série d'objets en os décorés ont été découverts.

Peu de sites près des sources datent du Néolithique. Un d'entre eux, le petit abri d'Hassi Ouenzga (la "Source des Gazelles"), a permi de mettre à jour une stratigraphie importante. La plus ancienne couche remonte au milieu du 6ème millénaire av. J.C. Des couches du Néolithique ancien et moyen ont été mises en évidence dans un espace très limité. Quelques tessons établissent aussi la présence de la civilisation campaniforme. Les dates, déjà très hautes des couches les plus anciennes, ont été entre temps nettement dépassées par celles des nouveaux sites découverts dans la zone côtière. Elles impartissent au Rif un rôle significatif dans la néolithisation du Maghreb (cf. "Le Néolithique de la côte méditerranéenne du Maroc"). Le Néolithique ancien de la zone de recherche révèle des relations du détroit jusqu'à l'Oranais algérien. La base économique des populations du Néolithique ancien, qui reposait essentiellement sur la chasse, semble avoir contribué à leur grande mobilité.
Cette large connaissance de l'essor du Néolithique acquise grâce à ce projet de recherche n'existe malheureusement pas pour la "Protohistoire", c'est-à-dire pour les périodes post-néolithiques jusqu'à l'islamisation. Bien qu'une centaine de sépultures sous tumulus de tailles et de formes différentes aient été cartographiées, aucune trace d'habitat de cette époque n'a été découverte. Plusieurs tumuli ont été fouillés. Sans avoir livrés de mobilier, ils ont cependant révélés des résultats très intéressants sur leur construction et les rites funéraires. La plupart des tumuli a été violé et ultérieurement remis en état. Les habitats de la Protohistoire sont sans aucun doute éphémère ce qui correspondrait bien au mode de vie nomade de la population post-néolithique. La présence dans la région montagneuse nombre de constructions en pierre sèche ont été découvertes pourrait être l'indicateur d'une économie d'alpage. Ces dernières semblent parfois être en relation avec des tumuli. Cependant, ces constructions sont vides de sédiment et de trouvaille. Sur la côte, quelques chambres funéraires non datées ont été découvertes.

Les résultats du projet "Préhistoire et Protohistoire du Rif Oriental Marocain" sont en cours de publication. Issue de ce programme de recherche et suite à des explorations préliminaires, les travaux de terrain du projet "Le Néolithique de la côte méditerranéenne du Maroc" débutent en 2007.









Cooperation / Cooperation partners

Institut National des Sciences de l'Archéologie et du Patrimoine (Rabat, Maroc, A. Mikdad)

Institut Jacques Monod CNRS Paris (ADN humaine, E. Geigl)

Laboratoires de Berlin, Erlangen, Heidelberg, Kiel, Temara, Utrecht (AMS et C14)

Institut Max Planck d'Anthropologie évolutionnaire de Leipzig (Datation TL, D. Richter)

Musée Alexander König, Bonn (Faune, R. Hutterer)

Institut de Pré- et Protohistoire de l'Université d'Erlangen (Sédimentologie, L. Reisch)







Ansprechpartner:

Abdeslam Mikdad

Institut National des Sciences de l'Archéologie et du Patrimoine

1, rue Ghandi, MA - Rabat, Maroc

Tél. ++212 - 37 750961

Fax ++212 - 37 209400

mikdad5@hotmail.com



Bibliography

Choix restreint:

A. Mikdad, AVA-Beiträge 17, 1997, 169ff.;

J. Eiwanger, A. Mikdad et coll., AVA-Beiträge 20, 2000, 109ff.;

J. Moser, La Grotte d'Ifri n'Ammar, Tome 1, L'Ibéromaurusien, AVA-Forschungen Bd. 8, 2003;

A. Mikdad, J. Moser, M. Nami, J. Eiwanger, AVA-Beiträge 24, 2004, 125ff.;

J. Eiwanger, R. Hutterer, AVA-Beiträge 24, 2004, 139ff.;

J. Linstädter, Zum Frühneolithikum des westlichen Mittelmeerraums - Die Keramik der Fundstelle Hassi Ouenzga, AVA-Forschungen Bd. 9, 2004;

J. Eiwanger, in : Expeditionen in vergessene Welten - 25 Jahre Archäologische Forschungen in Afrika, Amerika und Asien, AVA-Forschungen Bd. 10, 2004.






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